Comment gérer les élèves traumatisés ?

L’univers des bancs de l’école est un monde à part fait d’apprentissage et de découvertes, que chacun de nous se doit de fréquenter pour y vivre sa scolarité, qui reste obligatoire jusqu’à 16 ans au moins. C’est un long chemin initiatique que parcourt l’élève, entre joies et peines, moments d’euphorie ou de détresse intense, chahuts de groupe ou solitude enracinée. Et il arrive malheureusement que pour certains d’entre eux, le fait de se retrouver en classe réanime et intensifie un douloureux traumatisme encore bien présent au fond d’eux.

Situation de conflit en classe

Pour les cas singuliers d’élèves ayant subi ou étant encore sous le choc d’un trouble du stress post-traumatique, le retour en classe au milieu de ses camarades et enseignants peut s’avérer problématique, tant cela peut réveiller des conflits enfouis et des cicatrices à peine refermées. Rien que le fait qu’un enseignant puisse élever un tant soit peu la voix sur ses élèves dissipés peut déclencher une réaction négative de la part d’un élève ayant subi un traumatisme. Cela peut conduire l’élève à une réaction de fuite, ou au contraire, de combat.

L’élément perturbateur

Dans ce 2e cas précis, où l’élève recentre inconsciemment son mental dans une position de rapport de force, il va devenir presque malgré lui l’élément perturbateur du groupe. Dans ce contexte, le comportement de l’élève sera violent, déluré et souvent grossier, et l’enseignant aura bien du mal à faire face à cette situation tant qu’il n’aura pas mis le doigt sur le traumatisme qui hante cet élève de l’intérieur. Au-delà donc de livrer leur savoir autour d’un programme scolaire, les enseignants et maîtres de classe se doivent de discerner rapidement un cas de stress post-traumatique, et trouver des solutions pour apaiser la détresse de l’élève concerné.

Cerner le traumatisme

Il existe des tas de causes pouvant amener un enfant ou un préadolescent dans une problématique de trouble de stress post-traumatique. Parmi tant d’autres, le harcèlement, une certaine violence et rabaissement de soi subis dans une classe antérieure, être le témoin de violences conjugales à la maison, être soi-même victime de violences physiques au sein du giron familial, avoir subi avec son entourage un grave accident de la route, et bien entendu, avoir perdu un proche parent dans des circonstances dramatiques. Mais la détresse d’un enfant est difficile à cerner, tant il va avoir tendance à se renfermer sur lui-même plutôt que de tout extérioriser en osant communiquer sur sa douleur interne. Alors, dans beaucoup de cas, l’enfant va se « masquer » et se réfugier dans la violence. C’est là que l’enseignant a un grand rôle à tenir, s’il veut l’aider à exorciser ses démons.

Comportements de l’élément perturbateur

Quand l’enseignant a décelé et réussi à cerner plus ou moins le problème de l’élève, c’est qu’il a fait preuve de pragmatisme et qu’il vient de désamorcer la situation avant qu’elle ne s’envenime et ne soit plus que difficilement récupérable. Pour une grande majorité, les signes de problématiques relevant de troubles de stress post-traumatiques apparaissent dans des comportements souvent similaires chez les enfants ou préadolescents :

  • Des problèmes relationnels envers l’enseignant. L’enfant voit en ce dernier un nouvel ennemi, qui veut contrecarrer ses projets et préfère se réfugier dans une violence verbale, qui peut devenir physique.
  • Des signes de supériorité face à ses camarades. Vu qu’il se sent faible intérieurement, l’enfant traumatisé choisit parfois par facilité le rapport de force envers ses camarades. Et il n’est pas rare qu’il trouve un souffre-douleur, qu’il va pouvoir harceler et violenter à sa guise.
  • Mauvaise autorégulation des sentiments. Puisqu’il ne saura pas à qui s’adresser pour évacuer le poids du stress qui le ronge.
  • Lutte permanente avec les fonctions exécutives. En effet, il aura tendance à se rebeller contre toute règle imposée par l’administration scolaire.
  • Pensée négative. L’enfant traumatisé devenu l’élément perturbateur d’un groupe ne voit pas la vie en rose. Il broie plutôt du noir, et ses pensées peuvent avoir tendance à devenir morbides à la longue.
  • Hyperactivité. Tout ce stress noué dans son for intérieur doit bien ressortir quelque part, et cela passe souvent par de la nervosité, de l’agacement et donc de l’hyperactivité.

Comment aider les élèves traumatisés ?

Il existe heureusement des solutions pour aider les enfants en proie à un trouble de stress post-traumatique. Ces diverses aides psychologiques doivent être pratiquées au jour le jour par les enseignants et les parents. Une aide externe avec l’apport d’un psychiatre est parfois nécessaire. En tous cas, il faut inverser toutes les perspectives, et trouver des alternatives à la discipline traditionnelle. Il faut se concentrer sur l’attention positive et être prévisible en toutes circonstances. Le dialogue étant primordial, il faut toujours proposer son aide, tout en sachant rester neutre et sans aucun jugement.